Wimbledon: Sinner corrige Djokovic et affrontera Zverev en finale
Tout simplement trop fort: le N.1 mondial Jannik Sinner a privé Novak Djokovic (8e) d'une nouvelle occasion de gagner un 25e trophée record en Grand Chelem, en éliminant le Serbe de 39 ans en demi-finales de Wimbledon vendredi, et défiera Alexander Zverev en finale.
Vainqueur 6-4, 6-4, 6-4 sur un Central rafraîchi par une brise légère tempérant la chaleur qui accable Londres depuis plusieurs jours, le tenant du titre italien n'a laissé aucune place au doute.
De quoi dissiper, au moins pour un temps, les inquiétudes nées de sa brutale défaillance physique à Roland-Garros, où il avait été éliminé dès le deuxième tour, disputé dans une chaleur étouffante.
Si Djokovic pouvait légitimement nourrir quelques ambitions en entrant sur le court, lui qui a gagné sept fois Wimbledon et avait réussi l'exploit d'éliminer Sinner (24 ans) en demi-finales du dernier Open d'Australie, son cadet les a rapidement douchées.
Intraitable sur son service et persévérant dans ses tentatives de prendre celui du Serbe, le premier Italien à disputer plusieurs finales à Wimbledon a trouvé l'ouverture sur sa troisième balle de break dans le premier set (5-4), et sur sa quatrième dans chacune des deux dernières manches.
De son côté, Djokovic a dû attendre le troisième set pour se procurer sa première - et seule - balle de break du match, que Sinner a écartée d'un ace impérial.
- "Une bonne vieille correction" -
Au bout de 2h20 d'un combat inégal, le natif de Belgrade a félicité son bourreau avec le sourire avant de ranger ses raquettes et de quitter le court sous les applaudissements d'un public dont les "Novak! Novak!" n'auront pas suffi vendredi.
"C'était une bonne vieille correction", a lui-même reconnu Djokovic en conférence de presse. "Je n'ai pas pu faire grand-chose", a constaté le Serbe, glissant qu'il "aimerait" rejouer "au moins une fois" sur le gazon londonien.
"Je suis très content de ma prestation", a commenté Jannik Sinner dans son interview d'après-match.
"Il avait gagné notre dernier duel en Australie donc j'ai essayé de faire quelques ajustements (...), de rester agressif puisque c'est un des meilleurs relanceurs" sur le circuit ATP, a développé le vainqueur.
En plus du doublé à Wimbledon, Sinner visera dimanche contre Alexander Zverev un cinquième titre en Grand Chelem.
L'Allemand vient de décrocher à Roland-Garros son premier trophée majeur à 29 ans, après trois échecs en finale dont le dernier contre Sinner à l'Open d'Australie 2025.
- "Tout d'un coup en finale" -
Comme pour Djokovic, la marche était cette fois trop haute pour Arthur Féry (114e mondial): joueur le plus mal classé depuis 25 ans à s'inviter en demi-finales de Wimbledon, la révélation britannique du tournoi s'est inclinée 7-6 (7/0), 6-2, 6-4 contre l'Allemand Alexander Zverev (3e).
Né en banlieue parisienne de parents français, le droitier de 23 ans a tenu la dragée haute au récent champion de Roland-Garros dans le premier set.
Mais une double faute et un coup droit dans le couloir dès le début du tie-break ont annoncé son déclin.
Après une accolade chaleureuse avec son bourreau, Féry a lancé un serre-poignet aux spectateurs, rangé ses affaires puis quitté le Central d'un pas lent, savourant l'ovation du public pour son improbable champion.
"Je me sentais bien avant le match mais pour une raison que j'ignore, je ne me sentais pas aussi à l'aise" sur le Central que lors de ses victoires contre Grigor Dimitrov ou Flavio Cobolli (10e) aux tours précédents, a avancé le Britannique.
"Cette défaite fait mal mais de manière générale, cette quinzaine a été formidable", a positivé le perdant.
Malgré sa défaite, Féry va intégrer pour la première fois le top 40, et a redonné espoir à une nation chagrinée par les forfaits de ses têtes d'affiche Jack Draper et Emma Raducanu, blessés.
Zverev va lui disputer sa première finale à Wimbledon, dont il n'avait jusqu'alors jamais dépassé les huitièmes, et supplanter Carlos Alcaraz, toujours blessé au poignet droit, à la deuxième place du classement ATP.
Des quatre tournois du Grand Chelem, Wimbledon "a toujours été celui qui m'a posé les plus grosses difficultés et tout d'un coup, je me retrouve en finale. Je suis extrêmement heureux et fier", a réagi l'Allemand.
(N.Miller--TAG)