Avec la Russie mais pas sans polémique, Milan Cortina lance ses Jeux paralympiques
Dans un contexte tendu marqué par le boycott de la cérémonie d'ouverture par sept pays opposés au retour des Russes et la guerre au Moyen-Orient, les Jeux paralympiques d'hiver (6-15 mars) s'ouvrent vendredi à Milan Cortina, où le sportif espère reprendre ses droits et l'équipe de France viser haut.
L'hymne de la Russie pourrait retentir pour la première fois depuis 2014, année de sa dernière participation sous son propre drapeau à des Jeux.
Cette réintégration a été votée il y a quelques mois en assemblée générale par le Comité international paralympique (IPC) en dépit du conflit qui dure depuis quatre ans en Ukraine. La décision a heurté plusieurs comités paralympiques nationaux qui ont fait le choix de ne pas assister à la cérémonie: l'Ukraine, la République tchèque, la Pologne, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Finlande.
Ce sera également le cas au niveau des représentations politiques. La ministre française des Sports, Marina Ferrari, et le gouvernement britannique ont ainsi renoncé à à la cérémonie d'ouverture organiser dans les Arènes de Vérone pour protester contre la présence des dix sportifs russes et bélarusses bénéficiaires d'une invitation de la part de l'IPC.
"C'est le rôle de l'IPC que de respecter et mettre en œuvre cette décision", a déclaré jeudi l'instance à l'AFP, en réponse au choix de la France, dont le comité paralympique avait décidé de voter contre le retour de la Russie et de la Biélorussie.
Soucieux de souligner l'instant unique de la cérémonie d'ouverture, Craig Spence, directeur de la communication du comité international, a évoqué les "frissons" à venir au moment d'entrée dans les Arènes de Vérone, qui ont déjà accueilli le 22 février dernier la cérémonie de clôture des Jeux olympiques.
Stewart Copeland, batteur du groupe britannique The Police, mais aussi des artistes de la scène italienne comme le groupe électro Meduza ou le musicien Dardust - compositeur de la bande originale des Jeux - sont attendus, sous les yeux de la Première ministre italienne Giorgia Meloni et du président Sergio Mattarella.
- Les Bleus ambitieux -
Le boycott se limitera à la cérémonie d'ouverture - voire de clôture -, aucun pays n'étant allé jusqu'à renoncer à prendre part à la dizaine de jours de compétition étalées entre Milan (Para-hockey), Cortina (Ski alpin, Snowboard, curling fauteuil) et Val Di Fiemme (Ski de fond et biathlon). Au total 56 nations seront représentées.
Côté tricolore, 17 athlètes, dont quatre guides, s'apprêtent à se lancer à partir de samedi avec l'espoir de se hisser parmi les premières places au tableau des médailles. Parmi les plus attendus, le triple champion paralympique Arthur Bauchet, qui visera à nouveau les sommets avec cinq courses de ski à son programme à partir de samedi.
Côté porte-drapeaux, le skieur Jordan Broisin et la championne paralympique de snowboard cross Cécile Hernandez ont été désignés. Mais ces derniers, tout comme l'ensemble des Bleus, suivront de loin la cérémonie d'ouverture, la distance entre les sites ayant refroidi certaines délégations.
Loin du conflit au Moyen-Orient, l'Iran et Israël devraient eux compter chacun un athlète (en ski de fond et ski alpin).
L'IPC "continue de surveiller de près la situation", a indiqué son président Andrew Parsons. "Notre objectif est centré sur le soutien à toutes les parties prenantes en train d'arriver et qui se préparent à livrer les meilleurs jeux possible", a-t-il ajouté, sans pour autant citer de pays.
Déjà amené il y a quatre ans à prononcer un discours d'ouverture dans une période marquée par l'invasion russe en Ukraine, Parsons a déclaré que son "appel désespéré pour la paix" était toujours nécessaire.
Mais au milieu des "conflits et des choses négatives dans le monde, nous avons toujours besoin d'inclusion. Et d'inclusion par le sport. Le sport est ce que nous essayons de protéger pendant ces Jeux", a-t-il ajouté.
(K.Jones--TAG)