Une Française testée positive à l'hantavirus, nouvelles réunions à Matignon
Une passagère française rapatriée du bateau de croisière MV Hondius a été testée positive à l'hantavirus à Paris, où deux réunions sont prévues lundi après-midi à Matignon pour suivre "au plus près l'évolution de la situation".
Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche par avion et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.
À la question de savoir si le pronostic vital de la passagère était engagé, elle est restée évasive tout en rappelant qu'une dégradation de l'état de santé d'une personne positive à l'hantavirus pouvait conduire à un "pronostic vital engagé". "C'est peut-être le cas de cette personne", selon elle.
La ministre participe lundi après-midi, à partir de 16h15, à une réunion à Matignon en présence de son collègue de l'Intérieur Laurent Nuñez, de la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et de hauts responsables de l'administration dont le directeur général de la santé Didier Lepelletier.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu recevra ensuite à 19h30 des spécialistes de l'épidémiologie dont Olivier Schwartz (Institut Pasteur), Yazdan Yazdanpanah (Anrs MIE - agence des maladie infectieuses émergentes), Xavier Lescure (AP HP Bichat) et Jean-François Delfraissy (président du Comité national d'éthique), selon Matignon.
Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et un autre probable ont été signalés.
- "Agir tout au début" -
L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.
"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus."
Placés à l'isolement, les cinq Français "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle indiqué.
Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour.
"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.
Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène/Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.
- "Assez" de masques et de tests -
Selon un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel, les passagers de ces deux vols doivent se signaler "sans délai" aux autorités sanitaires françaises.
Ils doivent observer "une mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection, à laquelle il est procédé dans les trois jours qui suivent leur signalement", est-il précisé.
"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".
La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.
"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis à faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.
Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.
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(J.Torres--TAG)