Fibre Excellence : d'ex-salariés relancent les machines au nom de "la sécurité"
D'ex-salariés de l'usine Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône), en cessation d'activité, ont annoncé jeudi être entrés sur le site de fabrication de pâte à papier afin d'y "sécuriser" les installations après deux semaines de tension avec le liquidateur judiciaire.
"Les salariés du site appliquent eux-mêmes l'arrêté préfectoral en sécurisant le site. Ils sont en train de relancer les pompes pour permettre d’avoir la sécurité incendie en état de marche ainsi que la station d’épuration pour préserver l’environnement", a déclaré à l'AFP François Batista du syndicat CGT des Bouches-du-Rhône.
"Il faudra entre deux et trois heures pour tout relancer", a ajouté M. Bastista joint par l'AFP vers 16h00.
L'usine Fibre Excellence de Tarascon, qui employait 270 personnes, a été placée en liquidation judiciaire le 29 juillet. Depuis début septembre, la mise en sécurité de ce site classé "Seveso seuil bas" est au coeur d'un bras de fer entre le liquidateur judiciaire, la préfecture et les anciens salariés.
La préfecture des Bouches-du-Rhône a mis en demeure le liquidateur de prendre des mesures d'urgence pour prévenir tout risque de pollution, notamment par rejet de produits chimiques.
Selon une source administrative proche du dossier, les salariés présents jeudi dans l'usine n'ont pas commis d'infraction. "Des salariés protégés sont rentrés avec leur badge. Ils ont une autorisation d'être sur site", a dit cette source à l'AFP, confirmant qu'ils sont "en train de relancer la pomperie et la station d'épuration".
Le liquidateur judiciaire dénonce de son côté "une occupation illégale" menée par des "syndicalistes". "Relancer le site représente un danger pour la population", a affirmé un représentant à l'AFP.
Il avait assuré cette semaine remplir leur mission avec des équipes sur le terrain pour "réduire progressivement les risques et organiser l’évacuation des produits et matières encore présents"
Plus tôt dans la journée, les salariés avaient reçu la visite de la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet venue alerter sur le "cocktail Molotov" que pourrait provoquer la non-sécurisation du site.
"Nous venons de constater qu'il n'y a strictement rien de fait en matière de sécurité", avait-elle affirmé.
Dernier producteur de pâte à papier en France, le groupe Fibre Excellence espère le sauvetage de son usine de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), près de Toulouse, en redressement judiciaire depuis fin avril et qui vient de bénéficier d'un nouveau délai de trois mois pour qu'un investisseur potentiel finalise son offre de reprise.
(A.Thompson--TAG)