Bourses: l'Europe sans direction claire, New York attendue à la hausse
Les Bourses européennes évoluaient mardi sans direction claire et New York devrait ouvrir en petite hausse, avec un marché pétrolier de nouveau en légère baisse vers 12H00 GMT.
Dans la torpeur estivale, les marchés attendent les chiffres de l'inflation américaine mercredi, et suivent de près les mouvements financiers dans l'intelligence artificielle, notamment avec Intel et Nvidia.
Vers 12H00 GMT, Paris (+0,06%) et Londres (+0,04%) naviguaient autour de leur point d'équilibre et Francfort (+0,16%) s'aventurait dans le vert.
A New York, les trois grands indices étaient attendus en hausse à l'ouverture d'après les contrats à terme: Dow Jones +0,06%, S&P 500 +0,14% et Nasdaq +0,26%.
Le Nasdaq, qui comprend de nombreuses valeurs technologiques, était affecté par deux informations de marché.
Tout d'abord, une augmentation du capital du géant des processeurs Intel à hauteur de 20 milliards de dollars par de nouvelles émissions d'actions.
"Il existe de nombreuses opportunités pour Intel de construire de nouvelles usines de fabrication de puces", commente ainsi Neil Wilson, stratégiste chez Saxo.
Première capitalisation mondiale, très présente dans les processeurs pour l'IA, Nvidia a de son côté passé un accord avec des fonds financiers pour lever 500 milliards de dollars destinés à la construction de centres de données, d'après le Financial Times.
A la suite de cette information, Nvidia avait vu son cours de Bourse reculer de 2,86% lundi, les investisseurs craignant que la rentabilité ne suive pas les très importants investissements dans le secteur.
"Rappelons que Nvidia a récemment engagé des discussions pour garantir le financement d'un centre de données IA de 250 milliards de dollars pour OpenAI, l'un de ses plus gros clients", indique Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.
"Le fait que Nvidia obtienne de nouveaux fonds pour investir dans ses propres clients (...) signifie que l'argent de l'IA va continuer à tourner en rond entre quelques +copains+ de l'IA", poursuit-elle.
"Le risque d'effet domino si quelque chose se dérègle chez l'une des entreprises de la chaîne est un élément que les investisseurs ne peuvent pas ignorer", conclut Ipek Ozkardeskaya, mettant le doigt sur une inquiétude qui traverse les salles de marché.
- Le pétrole proche des 90 dollars -
Outre le risque permanent d'explosion d'une "bulle" IA, les récents records boursiers restent menacés par le cycle géopolitique (pas d'accord au Moyen-Orient), les matières premières (hausse du pétrole) et les conséquences monétaires (relèvement des taux d'intérêt qui ralentit l'économie et alourdit le coût des financements, notamment de l'IA).
A la veille de la publication des chiffres des prix à la consommation aux Etats-Unis, les prix du pétrole restaient volatils après une hausse de 5% la veille.
A 11h54 GMT, le Brent baissait légèrement (-0,39% à 87,38 dollars le baril) après avoir passé brièvement les 90 dollars en début de séance en Europe. Le WTI américain suivait le même renversement de tendance (-0,15% à 82,01 dollars).
Les marchés voulaient croire en une dernière déclaration du ministre de la Défense du Pakistan, médiateur dans le conflit, selon laquelle les Etats-Unis et l'Iran étaient proches d'un accord.
Dans ce contexte, les investisseurs attendent les chiffres de l'inflation américaine en juillet qui seront publiés mercredi.
A partir de ces chiffres, ils évalueront la probabilité d'un relèvement des taux d'intérêt par les banques centrales américaine et européenne lors de leur prochaine réunion en septembre.
"Le marché considère en ce début de semaine qu'il y a seulement 23% de chances pour un statu quo de la Fed sur ses taux d'ici la fin d'année et donc 77% de chances qu'elle relève ses taux", d'après Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.
Une des "faucons" de la Réserve fédérale, Beth Hammack, a déjà déclaré lundi dans un entretien avec Yahoo Finance qu'il faudrait plusieurs hausses des taux d'intérêt pour faire baisser l'inflation.
La hausse des taux rend le rendement des obligations plus rémunératrices, ce qui incite les investisseurs à vendre certains actifs, comme les actions, pour acheter davantage d'obligations.
Les indices boursiers pourraient subir ce contrecoup.
"L'or, lui, poursuit sa progression et vient de franchir les 4.400 dollars l'once, signe que les investisseurs cherchent aussi à se protéger contre un environnement géopolitique plus instable", souligne John Plassard de Cité Gestion.
(K.Lee--TAG)