Marchés mondiaux: les semi-conducteurs à la peine, le pétrole en nette baisse
Les semi-conducteurs ont encore été pénalisés vendredi sur les Bourses mondiales, dans le sillage d'une semaine particulièrement éprouvante pour le secteur, tandis que le pétrole a retrouvé des niveaux comparables à ceux d'avant la guerre au Moyen-Orient.
A New York, l'indice Nasdaq à dominante technologique a perdu 0,24%, tandis que le Dow Jones (-0,09%) et l'indice élargi S&P 500 (-0,05%) ont terminé près de l'équilibre.
"La rotation des achats observée cette semaine se poursuit" hors du secteur des semi-conducteurs, ont remarqué les analystes de Briefing.com.
A Wall Street, Sandisk a glissé de 10,46%, Intel de 3,42%, AMD de 2,06%, Qualcomm de 7,57% et Nvidia de 1,64%, effaçant plusieurs dizaines de milliards de dollars de capitalisation boursière.
Même Micron, qui a publié dans la semaine des résultats records, a chuté. En hausse de plus de 15% la veille en clôture, le groupe a perdu 6,69% vendredi.
Les géants des puces ont aussi plombé Francfort (-1,29%), avec les chutes d'Infineon (-4,52%) et Siemens Technology (-5,84%), ainsi que Paris (-0,55%), avec le recul de STMicroelectronics (-3,81%). A Amsterdam, ASML, première capitalisation en Europe, s'est également replié (-0,99%).
Londres (-0,21%) a aussi reculé, de même que Milan (-1,00%).
Pour certains analystes, il s'agit simplement d'un repli technique, après que le secteur des semi-conducteurs a largement porté les places boursières mondiales ces derniers mois.
Pour d'autres, c'est le signe d'inquiétudes renouvelées quant aux gigantesques valorisations du secteur de l'IA et à la rentabilité future de ces dépenses, que les groupes technologiques financent par l'endettement de manière croissante.
A cela s'ajoute une information publiée par le New York Times, selon laquelle OpenAI, le créateur de ChatGPT, envisageait de repousser son introduction en Bourse jusqu'en 2027. Softbank, très investi dans l'entreprise, a dévissé de 12,53% à Tokyo à la suite de cette nouvelle.
- Apple et Microsoft retrouvent des couleurs -
A la Bourse de New York, les géants Apple (+3,14% à 283,78 dollars) et Microsoft (+5,71% à 372,97 dollars) ont été recherchés au lendemain d'une forte chute.
Les deux groupes avaient annoncé jeudi une hausse des prix de plusieurs de leurs appareils, invoquant l'envolée du coût des puces mémoire.
"Jusqu'à présent, les fabricants de puces comme Micron Technology ont pu préserver leurs marges élevées parce que des groupes comme Apple acceptaient de payer ces coûts supplémentaires. Mais si les consommateurs refusent à leur tour ces hausses de prix, c'est toute la chaîne qui risque d'être affectée", a décrypté à Francfort Andreas Peskow, analyste de CMC Markets.
- Le pétrole repart à la baisse -
Les prix de l'or noir ont chuté, alors que des navires ont continué vendredi à traverser le détroit d'Ormuz, malgré l'attaque d'un cargo la veille qui a poussé l'ONU à suspendre son programme d'évacuation.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a perdu 4,33%, à 71,99 dollars, retrouvant des prix comparables à ceux d'avant le conflit au Moyen-Orient.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), a reculé de 3,74%, à 69,23 dollars.
L'Iran a plusieurs fois mis en garde contre toute traversée du détroit sans son autorisation. Un cargo a été touché jeudi dans le détroit d'Ormuz.
Mais "le trafic maritime (...) se poursuit sans grande interruption", ce qui encourage la baisse des prix du pétrole, ont expliqué les analystes d'IG.
Après un pic de 57 navires mercredi - dont des pétroliers, des gaziers et d'autres bateaux transportant des marchandises comme des engrais -, au moins 42 navires ont traversé le détroit jeudi, selon la plateforme de suivi de Kpler. Ce flux est beaucoup plus important que celui survenu durant toute la durée de la guerre au Moyen-Orient.
Monnaie des transactions pétrolières, le dollar repartait à la baisse: il lâchait 0,13% face à la monnaie unique européenne, à 1,1386 dollar pour un euro, vers 21H00 GMT.
(J.Torres--TAG)