Les organisateurs du forum de Davos ouvrent une enquête sur les liens de son patron avec Jeffrey Epstein
Les organisateurs du Forum économique mondial ont annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête interne sur les liens de son patron, Borge Brende, avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, rencontré lors de trois diners d'affaires en 2018 et 2019.
Les organisateurs de cet événement qui réunit chaque année les élites économique, politique et diplomatique dans la station de ski chic de Davos ont chargé leur comité d'audit et gestion des risques de lancer "une revue indépendante" pour clarifier les liens de M. Brende avec Jeffrey Epstein suite à la récentes de divulgation de documents évoquant trois diners d'affaires ainsi que des émails et SMS, indiquent-ils dans un communiqué.
"Notre objectif est de gérer cette question de manière réfléchie et efficace", précise le communiqué, qui souligne que M. Brende lui-même "soutient pleinement" cette démarche et compte "coopérer" à cette revue indépendante.
Il l'a "lui-même demandé", ajoute le communiqué.
Ancien ministre des Affaires étrangères de Norvège, M. Brende est aux commandes du WEF depuis 2017. Il va continuer d'assumer ses fonctions de président et directeur général de l'organisation durant cette enquête, sans être impliqué, explique le communiqué.
M. Brende explique pour sa part avoir rencontré Jeffrey Epstein en 2018 lors d'un déplacement à New York durant lequel il avait été invité par le diplomate et ancien vice-Premier ministre norvégien Terje Rod-Larsen à un dîner auquel participaient plusieurs dirigeants et durant lequel Jeffrey Epstein lui avait été présenté "comme un investisseur américain", explique-t-il dans le communiqué.
L'année suivante, il avait assisté" à deux diners similaires", comptant là encore Jeffrey Epstein et d'autres diplomates et dirigeants.
"Ces diners, et quelques emails et messages par SMS, sont (toute) l'étendue de mes interactions avec lui", a affirmé M. Brende.
"J'ignorais complétement le passé et activités criminelles d'Epstein", a affirmé M. Brende, qui explique qu'il aurait sinon "décliné". "Je reconnais que j'aurai pu mener une enquête plus approfondie sur l'histoire d'Epstein, et regrette de ne pas l'avoir fait", ajoute-t-il.
La simple mention du nom d'une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori de cette personne. Mais les documents rendus publics montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel Jeffrey Epstein ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l'existence de tels rapports.
Figure de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, Jeffrey Epstein était accusé d'avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures.
Il avait été retrouvé pendu dans sa cellule de New York en 2019, avant d'être jugé.
(T.Brown--TAG)