Après des "violences" au congrès RN, quelque 40 rédactions demandent de "pouvoir travailler librement"
Une quarantaine de rédactions ont réclamé mardi au RN, dans une tribune commune, de "pouvoir travailler librement", après un congrès du parti où des journalistes de Mediapart et Politis ont été "brutalisés" selon elles.
"Marine Le Pen a fait de ce congrès la rampe de lancement de sa campagne présidentielle. Il n'est pas acceptable que des journalistes soient ainsi exfiltré·es et malmené·es", ont estimé ces sociétés de journalistes et de personnels, dont celles de BFMTV, LCI, Le Monde, Le Figaro, Radio France, RTL, RMC, l'Agence France-Presse ou encore de France Télévisions.
Les SDJ des Dernières Nouvelles d'Alsace et de L'Alsace, des Echos et de Blast font aussi partie des signataires de la tribune, publiée sur le blog de la SDJ de Mediapart.
"Dans un État de droit, les partis politiques, tous bords confondus, doivent permettre à la presse, au service de tous les citoyens et citoyennes, d'accéder à leurs événements sans entraver son travail ni la brutaliser", ajoutent-elles, à six mois de l'élection présidentielle.
Samedi, peu avant l'ouverture du congrès du parti d'extrême droite, une équipe vidéo de Mediapart a été prise à partie par des militants, puis huée par la salle qui scandait "Mediapart dehors". Elle a été exfiltrée de façon musclée par le service de sécurité du RN.
Le service presse du RN "s'est excusé et a laissé les journalistes regagner le congrès", est-il précisé dans la tribune commune.
Mediapart est vertement critiqué par les membres et sympathisants du RN depuis ses révélations fin septembre sur des écrits de jeunesse antisémites attribués à Jordan Bardella. Le président du parti dément fermement en être l'auteur.
Dimanche, après une action revendiquée par l'Union des étudiant juifs de France (UEJF), des policiers en civil et le service d'ordre ont évacué sans ménagement les activistes et aussi un journaliste de Mediapart qui filmait la scène - qui a entendu les propos racistes d'une spectatrice l'invitant à "retourner au bled".
"La sécurité de ses journalistes n'étant plus assurée, la direction de Mediapart a dû leur demander de quitter les lieux du congrès", déplorent les rédactions.
Filmant cette même action, un journaliste de Politis a été malmené et sorti, relèvent-elles.
Début octobre, les sociétés des journalistes de près de quarante rédactions avaient déjà dénoncé les "menaces de mort" du Rassemblement national contre Mediapart, après les déclarations de Marine Le Pen recommandant à ses journalistes de porter "un costard en kevlar", la matière des gilets pare-balles.
(A.Johnson--TAG)