Céline Dion clôt en apothéose cinq semaines de concerts près de Paris
En forme olympique et la voix virevoltante, Céline Dion a mis une note finale samedi soir à sa série de concerts lancée en septembre près de Paris, qui scelle son retour sur la scène mondiale avant des shows supplémentaires et un album prévus en 2027.
"Je m'ennuie déjà de vous ! Ce soir c'est la dernière. C'est fou... parce que j'ai quand même l'impression que la première c'était hier, ça passe tellement vite, ça passe trop vite", a déclaré la chanteuse, arborant un large sourire.
La diva québécoise était apparue vers 20h50 dans une robe haute couture scintillante signée Chanel, le poing fermé en signe de victoire, avant d'entamer les premières notes de "On ne change pas" devant plus de 30.000 personnes.
La ferveur a parcouru la Plenitude Arena de Nanterre, plus grande salle couverte d'Europe, et traversé le public, majoritairement féminin, de différentes générations.
La star francophone a déjà programmé un nouveau séjour en France, en mai, pour dix concerts supplémentaires qui affichent complet, malgré des tarifs pouvant atteindre plusieurs centaines d'euros.
Mais auparavant, l'artiste de 58 ans va regagner le Nevada, aux Etats-Unis, pour finaliser son prochain album, dont la sortie chez Sony est elle aussi attendue au printemps prochain : il devrait recéler de nombreuses collaborations, avec Stromae, Grand Corps Malade ou Mosimann.
Au total, la star aura donné, depuis le 12 septembre, 16 concerts grandioses, qui ont parfois laissé place à des parenthèses spontanées avec son public et ont attiré une foule de célébrités (Rihanna, Michelle Obama, Zinédine Zidane, Lewis Hamilton...).
- Force de vivre -
La gagnante de l'Eurovision (1988) est dans son jardin à Paris, là où sa carrière a décollé avec les titres du parolier Eddy Marnay, la télé de Michel Drucker, les premiers concerts à l'Olympia, puis la rencontre-clé avec Jean-Jacques Goldman.
Rodée aux concerts sous forme de résidences à Las Vegas, Céline Dion n'a laissé place à presque aucune improvisation à Paris, modifiant peu sa setlist et ses discours.
Entourée de musiciens et d'un chœur, la star assure une performance d'environ 2H30, rythmée par une trentaine de chansons piochées dans la période Goldman des années 1990-2000 et dans son répertoire en anglais, dont "My heart will go on".
Elle s'offre aussi quelques pas de côté, reprenant "Sweet Dreams" d'Eurythmics et un air d'opéra rendu célèbre par la Callas.
Céline Dion est passée par tous les états : lors de la première le 12 septembre, l'émotion la submerge dès l'entame et l'oblige à interrompre "On ne change pas". Six années loin de la scène viennent d'être effacées par quelques notes.
Plutôt rigide au début, l'interprète de "Prière païenne" a gagné en aisance au fil des trois concerts donnés chaque semaine et pris possession de cette immense scène sombre où trône un imposant rocher rotatif.
Moins immersive et spectaculaire que certains concerts actuels mêlant musique et visuel, cette scénographie a pour mérite de braquer les regards sur la diva.
En tenues de gala et coiffée d'un chignon de ballerine, Céline Dion a choisi l'élégance. Pari réussi. Un soir toutefois, elle trébuche en marchant sur le bas de son pantalon et fait une chute sans gravité, qui fait aussitôt le tour du web.
Les spectateurs interrogés par l'AFP ont confié leur émotion d'avoir revu la chanteuse francophone aux plus de 260 millions d'albums vendus, que beaucoup comparent à un phénix.
"Je vais bien", leur a répété Céline Dion, deux ans après sa réapparition à la cérémonie des JO de Paris.
"J'ai appris à vivre avec cette fragilité", a expliqué la star, qui a dévoilé en 2022 être atteinte du syndrome de la personne raide, maladie neurologique rarissime causant de violentes paralysies. "Je l'ai apprivoisée et j'ai décidé d'en faire la force de vivre."
L'autre interrogation portait sur sa voix : moins virevoltante qu'à ses débuts, celle-ci a tenu, malgré quelques écarts sur certains morceaux. Mais, comme pour ses oublis dans les paroles, les fans semblent tout pardonner à leur idole aux quatre décennies de carrière.
Admirateurs ou détracteurs, difficile d'échapper à ce retour, qui a occupé l'espace artistique et médiatique, sans que la chanteuse ne donne d'interview officielle.
(B.Smith--TAG)