Fusillade lors d'une rave en Suisse: un suspect arrêté
Un Suisse de 43 ans a été arrêté lundi, "fortement suspecté" d'être l'auteur des tirs qui ont tué une jeune Italienne et fait cinq blessés, dans la nuit de samedi à dimanche lors d'une rave party à Aarau (nord).
Après avoir déclaré pendant plus de 30 heures ignorer l'identité de l'agresseur, s'il était seul et où il avait fui, la police cantonale d'Argovie a annoncé lundi la fin de la chasse à l'homme lancée après ce drame, qui a endeuillé la capitale du canton alémanique d'Argovie, proche de Zurich.
"Dans le cadre des recherches (...), un Suisse de 43 ans a été appréhendé peu avant 01h00 le lundi 31 août 2026", a-t-elle annoncé dans un communiqué, en disant "privilégier la thèse selon laquelle l'auteur a agi seul".
Cet homme est "fortement suspecté d'être l'auteur des faits", idique le texte, mais sans fournir d'autres précisions sur son profil, le mobile de l'attaque ou le lieu où il a été interpellé.
La police argovienne a annoncé une conférence de presse pour mercredi après-midi, soulignant qu'"aucune information ne sera communiquée d'ici-là".
Dimanche vers 02h30 (00h30 GMT), des tirs ont retenti au moment où une rave ayant rassemblé quelque 2.500 personnes prenait fin à l'hippodrome d'Aarau, située dans le nord du pays.
"Les participants s'apprêtaient à rentrer chez eux lorsqu'un ou des inconnus ont tiré plusieurs coups de feu sur un groupe de personnes", avait indiqué la police dans un communiqué lundi matin.
Une Italienne de 22 ans a été tuée. "Elle est morte sur le coup malgré des tentatives de réanimation", selon la police, qui a également fait état de cinq blessés.
Dimanche, la Première ministre Giorgia Meloni avait indiqué que deux Italiens figuraient parmi les blessés. Mais la police suisse a précisé lundi qu'il s'agissait en fait d'une ressortissante allemande et de quatre hommes de nationalité suisse, âgés de 24 à 31 ans.
Ces derniers "ont été transportés à l'hôpital avec des blessures de légères à graves", selon la police cantonale.
- "Fusil d'assaut" -
Dimanche, Michael Leupold, commandant de la police cantonale d'Argovie, avait rapporté que les forces de l'ordre avaient "retrouvé des traces de deux calibres différents, d'un pistolet ou pistolet-mitrailleur, et d'un fusil d'assaut".
"Nous travaillons actuellement sur trois hypothèses, mais nous ne pouvons en privilégier aucune pour le moment. La première est un attentat terroriste, la deuxième une tuerie de masse, et la troisième un simple acte criminel dont le mobile nous est encore inconnu: un règlement de comptes au sein d'un groupe, ou quelque chose de totalement différent", avait-il ajouté.
Dimanche soir, le président de la confédération suisse Guy Parmelin a adressé, sur le réseau social X, ses condoléances à la famille de la jeune victime italienne, évoquant des "événements tragiques" qui l'ont "profondément touché".
De leur côté, les organisateurs de la rave se sont dits "dévastés".
"L'attaque insidieuse contre les participants à la rave d'Aarau nous a brisé le coeur. Une rave devrait toujours être un lieu de joie et d'amour. Jamais un endroit où des personnes sont tuées, blessées ou plongées dans la peur", ont-ils déclaré sur le site internet de l'événement.
L'attaque a provoqué un large émoi en Suisse où les fusillades sont très rares, mais où l'attachement pour les armes est bien ancré, avec notamment les conscrits de l'armée qui gardent leur fusil chez eux.
Les armes sont de ce fait très nombreuses dans le pays, même si en l'absence de registre fédéral il est difficile d'en connaître le nombre exact.
Selon le centre de recherches genevois Small Arms Survey, plus de 2,3 millions d'armes étaient en 2017 aux mains de civils en Suisse, soit près de trois pour dix habitants, ce qui classait alors le pays au 16e rang mondial pour le nombre d'armes par habitant.
La dernière fusillade d'ampleur en Suisse était survenue en 2001, lorsque 14 membres du Parlement et du gouvernement local du canton de Zoug, près de Lucerne (centre), avaient été tués et une dizaine de personnes blessées par un déséquilibré, en pleine séance de l'assemblée locale.
(F.Jackson--TAG)