24 heures du Mans: bataille serrée en tête entre Toyota, Cadillac et BMW
Aux 24 Heures du Mans, BMW, Cadillac et Toyota, rapidement revenu aux avant-postes après ses qualifications ratées, s'échangeaient les places de tête au gré des différents ravitaillements, samedi après quatre heures de course.
La principale surprise du début de course a été la remontée spectaculaire de la Toyota N.8, partie très loin sur la grille mais qui, aux mains du Suisse Sébastien Buemi, a bénéficié d'une stratégie décalée pour revenir dans la bataille en tête.
Les Toyota, fortes de leur expérience après leurs cinq victoires dans la Sarthe entre 2018 et 2022, étaient pourtant qualifiées seulement 14e et 15e sur la grille de départ. Mais elles se sont arrêtées aux stands très tôt en début de course après un départ sans histoire, ce qui leur a permis de pouvoir rouler sans être bloquées dans le peloton des autres Hypercars.
"Je pense que le fait de s'être décalé était une bonne chose pour nous, d'avoir de l'air propre", a souri le pilote suisse à sa descente de voiture, après un triple relais intense: "Il faut rester calme, ne pas faire d'erreur, mais c'est sûr que ça fait plaisir d'être dans le match".
Son coéquipier Brendon Hartley a pris son relais sur une voiture qui tient le meilleur tour en course, mais la concurrence est rude et la BMW N.20, ainsi que la Cadillac N.38 occupent aussi à tour de rôle la tête de la course, au gré des passages aux stands des uns et des autres.
- Doriane Pin en tête en LMP2 -
Toyota avait déjà remporté les 6 Heures d'Imola, première manche du Championnat du monde d'endurance (WEC) au mois d'avril, et ses adversaires soupçonnaient les voitures japonaises, ainsi que les Ferrari, de cacher leur jeu durant les essais.
Les Cadillac américaines, avec deux voitures dans le top 5, ont aussi semblé à l'aise dans la chaleur des premières heures (environ 30°C au départ).
Peu avant 20h00, la première Alpine était 5e, la première Ferrari 6e, à environ 1 minute 30 des leaders. En revanche, la Ferrari N.83, tenante du titre au Mans, était un peu plus loin, à plus de deux minutes.
Les deux Peugeot, comme redouté par l'équipe française, sont à la peine. Elles qui avaient réussi la pole position à Spa début mai, se sont qualifiées en fond de grille chez les Hypercars et elles occupaient les 17e et 18e places vers 20H00, à plus d'un tour des leaders.
Après quatre heures de course, aucune voiture n'a abandonné.
Le départ s'est déroulé sans incident, sous un chaud soleil et devant plus de 300.000 spectateurs.
En l'absence de l'écurie Iron Dames et de son équipage 100% féminin, seules deux femmes ont pris le départ cette année. Doriane Pin, au volant de la N.30 à 20H00, occupait la tête de la catégorie LMP2 (19e au général), après avoir déjà brillé en qualifications. Et en GT3, la Ferrari 296 Evo de Lilou était plus loin au classement, 47e.
Le président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), Mohammed Ben Sulayem, a en tout cas semblé apprécier le début de la course, relevant que la prestigieuse épreuve mancelle équivalait à elle seule à "plus de la moitié du calendrier de Formule 1": "24 heures, divisées par deux, ça fait 12 courses, et nous en avons 24. Or, certaines de nos courses ne durent qu'une heure et 50 minutes. Ainsi, une seule édition du Mans équivaut à plus de la moitié du calendrier de Formule 1. C'est mathématique", a-t-il déclaré en souriant à quelques journalistes.
(M.Scott--TAG)