XV de France: après la gifle en Ecosse, Galthié maintient son cap
Trois forfaits, dont celui de dernière minute d'Anthony Jelonch, et le retour du duo Flament-Meafou en deuxième ligne: écartant toute idée de revanche après la claque en Ecosse, Fabien Galthié a fait cinq changements seulement pour son XV de départ face à l'Angleterre samedi.
Faute de Grand chelem, abandonné sur la pelouse de Murrayfield, les Bleus peuvent encore rêver à un deuxième Tournoi des six nations consécutif samedi au Stade de France (21h10), un doublé plus réalisé depuis 2006-2007 et un certain Raphaël Ibanez, désormais manager de l'équipe de France. Et pour cela Fabien Galthié a décidé de redonner une nouvelle chance à 11 membres du XV de départ battu à Murrayfield, dont un changement de poste, faisant ses modifications essentiellement par contrainte de blessures ou suspension.
"Le passé, c'est le passé", a balayé le sélectionneur des Bleus, sans s'attarder sur cet épisode d'Edimbourg (50-40): "Nous nous sommes donné le droit de jouer la gagne dans le Tournoi samedi, c'est tout ce qui nous intéresse". "C'est ça qui nous anime, c'est simple", a-t-il insisté, niant toute volonté de revanche pour les Bleus.
Pour les 120 ans du "crunch", ce duel historique face au vieil ennemi anglais, le sélectionneur du XV de France a dû procéder à trois changements contraints, dont un en dernière minute donc, avec le forfait annoncé jeudi matin seulement du Toulousain Anthony Jelonch, touché aux ischio-jambiers mercredi lors du dernier entraînement.
Une absence qui va donc offrir sa première sélection à Temo Matiu (1,91 m, 113 kg), fils de l'ancien international d'origine néo-zélandaise Legi Matiu, sélectionné deux fois en deuxième ligne en 2000 avec les Bleus. Mais le jeune Bordelais de 24 ans sera aligné au poste laissé vacant par le flanker rochelais Oscar Jegou, suspendu quatre semaines pour un "contact aux yeux" sur un Ecossais, le fauteuil de N.8, plus stratégique, étant confié à un vieux grognard, Charles Ollivon, titularisé jusque-là en deuxième ligne contre l'Irlande (36-14), au Pays de Galles (12-54) et en Ecosse.
- "On assume nos décisions" -
Pour sa 53e sélection en bleu, ce sera seulement la deuxième apparition du "grand Charles" en huit, après un test match contre l'Argentine en novembre 2024.
"Charles a beaucoup d'expérience, c'est un joueur qui va vite, très adroit, on a privilégié son expérience et sa capacité à jouer dans plusieurs registres", a plaidé Fabien Galthié jeudi matin en annonçant son XV de départ.
Avec en prime le remplacement du centre bordelais Nicolas Depoortere, blessé, par le Toulousain Pierre-Louis Barassi, le seul véritable choix stratégique de Fabien Galthié pour ce match du titre contre l'Angleterre est donc le retour dans "la cage" de la paire toulousaine Flament - Meafou, déjà alignée lors de la victoire contre l'Italie (33-8), plutôt que celle Ollivon - Guillard, préférée sur les trois autres matches. Une option puissance sans doute, face au redoutable pack du XV de la Rose.
Avec une neuvième titularisation, cette paire deviendra la plus utilisée par Fabien Galthié depuis son arrivée à la tête des Bleus en 2020, devant le duo "sud-africain" Bernard Le Roux - Paul Willemse.
Huit joueurs auront été titulaires lors des cinq matches de ce Tournoi: la première ligne Gros-Marchand-Aldegheri, François Cros en troisième ligne, le capitaine Antoine Dupont à la mêlée et le triangle arrière Bielle-Biarrey - Ramos - Attissogbe.
Avec en ligne de mire un huitième titre dans les Six nations. "On est toujours ambitieux, quels que soient les résultats qui ont précédé", a insisté Fabien Galthié, qui "assume totalement" ces décisions jusqu'ici.
Et pas question le sélectionneur de négliger un XV de la Rose qui arrive fragilisé, après trois défaites d'affilée, dont un premier revers dans son histoire contre l'Italie: "Les Anglais traversent un moment difficile, mais ils sont ambitieux et ils sont toujours redoutables", a-t-il averti.
(E.Taylor--TAG)