Allemagne: un institut économique plus optimiste que le gouvernement sur la reprise économique
L'institut économique allemand Ifo a présenté jeudi une prévision de croissance pour 2026 plus optimiste que celle du gouvernement, soulignant l'effet de la hausse des investissements publics malgré le poids actuel du choc énergétique lié à la guerre en Iran.
Selon un communiqué, cet institut basé à Munich table désormais sur une croissance de 0,8% du Produit Intérieur Brut (PIB) allemand cette année, soit 0,2 points de pourcentage de plus que sa prévision de printemps.
"Cet été, nous allons d’abord stagner et ressentir de plein fouet le choc des prix de l’énergie", a déclaré Timo Wollmershäuser, responsable de la conjoncture à l'Ifo, dans un entretien donné mercredi à l'AFP.
La flambée des prix du carburant causée par la fermeture du détroit d'Ormuz coûtera 0,4 points de pourcentage au PIB allemand en 2026 et en 2027, selon le communiqué.
"Mais je pense qu'à partir de l’automne, la reprise devrait se poursuivre" grâce à "la politique budgétaire très expansionniste", indique l'économiste.
Les centaines de milliards d'euros d'investissements adoptés l'an dernier dans la défense et les infrastructures devraient ainsi tirer la conjoncture de 0,5 points de pourcentage.
Les autres principaux instituts du pays s'attendent toujours à une croissance de 0,6% en 2026, tandis que le ministère de l'Economie et la Banque fédérale d'Allemagne prévoient une morne hausse de 0,5%.
Avant l'avènement de la guerre en Iran, la première économie européenne misait sur un rebond de l'activité d'au moins 1%, après une mini croissance en 2025 et deux années de récessions consécutives à cause d'une crise industrielle persistante.
Par ailleurs, selon M. Wollmershäuser, la prévision de l'Ifo pour 2026 "sera nettement meilleure" si les prix de l'énergie continuent à baisser comme c'est le cas depuis lundi, avec la présentation d'un accord entre Washington et Téhéran.
Mercredi soir, les présidents américain et iranien ont signé à distance un protocole d'accord, avec une cérémonie officielle prévue vendredi en Suisse.
Mais à part un "coup de pouce" budgétaire, M. Wollmershäuser pointe que le gouvernement de Friedrich Merz a fait "relativement peu" pour régler les problèmes structurels du pays, citant la bureaucratie, les charges pour les entreprises et le système de retraite.
(Y.Harris--TAG)