Canicule en France : déjà 7.300 morts en excès recensés cette année, selon un bilan provisoire
Alors qu'une troisième vague de chaleur sévit en France depuis fin juillet, l'une des plus longues jamais enregistrées dans le pays, le bilan provisoire de la surmortalité lors des périodes de fortes températures cette année s'élève déjà à 7.300 morts, ont annoncé mercredi les autorités sanitaires.
Au moins 1.243 morts en excès "toutes causes" confondues -pas encore imputables avec certitude à la chaleur à ce stade-, ont été enregistrés du 3 au 22 juillet -sur 14.713 décès comptabilisés au total- selon les chiffres divulgués par Santé publique France (SpF).
Cette estimation de la surmortalité - par rapport à la mortalité attendue, hors évènements exceptionnels, sur la période -, se base sur "les certificats de décès remontés jusqu'à la date d'hier (mardi, NDLR)", soit environ 80% de la mortalité nationale, a précisé lors d'un point presse Sébastien Denys, directeur santé-environnement-travail au sein de SpF.
A ce stade, le bilan encore provisoire des victimes des fortes températures cette année s'élève déjà à 7.300 morts, car 5.764 morts en excès ont été recensés du 17 au 30 juin, et 300 autres lors du tout premier épisode caniculaire de cette année, du 24 au 28 mai.
Ce bilan est voué à s'alourdir, car d'une part il ne prend pas encore en compte tous les décès enregistrés sur l'été entier dus à la chaleur -qui a aussi des effets sanitaires à retardement sur les organismes-, et d'autre part, car une troisième vague est survenue depuis fin juillet.
En juillet, les "personnes âgées de 75 ans et plus", parmi les plus vulnérables car elles souffrent souvent de comorbidités notamment, ont représenté près des trois quarts des décès en excès recensés, même si ces derniers ont touché "toutes les classes d'âge" à partir de 45 ans.
Ces décès de personnes âgées, "les premières victimes de ces épisodes, aussi bien en termes de mortalité qu'en termes de morbidité", a rappelé M. Denys, se sont produits dans tous types de lieux: établissements hospitaliers, maisons de retraite/Ehpad, mais avec aussi - un "signal assez notable"- à domicile.
Cet "épisode caniculaire" de juillet "a été moins intense mais néanmoins assez remarquable par sa durée et son étendue territoriale puisque 78 départements ont été concernés", soit près de 80% de la population hexagonale, a-t-il noté.
- Région Pays-de-la-Loire "la plus touchée" -
"Toutes les régions ont été concernées par un excès de mortalité de toute cause, à l'exception de la Corse, dont la population a été exposée de manière moins intense à la chaleur sur la période", a-t-il indiqué.
La région Pays-de-la-Loire, avec 236 décès en excès, a été la plus touchée, suivie par l'Auvergne-Rhône-Alpes (163), la Bretagne (152) et l'Ile-de-France (141).
"Ces chiffres nous donnent une mesure de l'impact sanitaire de cet épisode de chaleur exceptionnel", a commenté Didier Lepelletier, directeur général de la Santé. L'enjeu pour le gouvernement est à la fois d'"être capable de gérer les épisodes lorsqu'ils surviennent" et de "continuer à adapter notre système sanitaire et médico-social pour mieux y faire face dans la durée", a-t-il dit.
La précédente vague de chaleur, en juin, a été plus intense que la canicule d'août 2003, un évènement qui avait traumatisé le pays en causant 15.000 morts.
Elle a affecté presque toute la population hexagonale et a été suivie d'une deuxième vague en juillet.
La troisième vague de chaleur, qui sévit actuellement et a débuté le 28 juillet, est d'ores et déjà la deuxième plus longue jamais enregistrée dans le pays, a annoncé mercredi Météo-France.
Sans qu'il soit pour l'heure possible de donner des estimations sur la surmortalité associée à ce nouvel épisode, Santé publique France publie déjà des bilans hebdomadaires sur les recours aux soins liés à la chaleur lors des dernières semaines.
Le dernier en date, ce mercredi, indique que "le nombre de passages aux urgences quotidiens tous âges pour l’indicateur iCanicule - hyperthermies/coup de chaleur, déshydratations et hyponatrémies - a oscillé entre 230 et 305" entre le 11 et le 15 août, période où la canicule a été particulièrement intense.
Depuis la publication des premiers chiffres, qui progressivement s'affinent, les bilans de mortalité des périodes de fortes chaleurs de 2026 ont alimenté une âpre bataille politique, le gouvernement se voyant accusé d'impréparation par les oppositions.
Un bilan définitif sera publié en octobre.
(W.Walker--TAG)