Marchés: retour de la nervosité sur le Moyen-Orient, l'Europe s'offre tout de même des records
Les marchés mondiaux ont été animés par de nouvelles interrogations sur le Moyen-Orient jeudi après l'optimisme des derniers jours, faisant grimper le pétrole et les coûts d'emprunt, les Bourses européennes parvenant tout de même à signer de nouveaux records.
Les investisseurs misaient depuis le début du mois sur la conclusion d'un accord au Moyen-Orient entre les Etats-Unis et l'Iran qui pourrait ouvrir la voie à une accélération des exportations d'hydrocarbures du Golfe.
De quoi apaiser les craintes inflationnistes et retrouver l'appétit pour le risque.
Mais ils "commencent à perdre patience", juge Jose Torres, analyste d'Interactive Brokers.
L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.
Cette entente "reste vague et ne répond pas aux exigences américaines", assure Jose Torres. Plusieurs médias ont évoqué la mise en place d'un droit de passage pour les navires, un élément rejeté par les Etats-Unis.
Toute réouverture du détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.
En résumé, selon John Kilduff, analyste pétrolier d'Again Capital, "la situation est loin d'être réglée et on ne peut pas trop miser sur l'espoir; le marché tempère donc quelque peu son optimisme quant à l'évolution de la situation".
Le baril de Brent, référence internationale pour le brut, a pris 3,83% à 82,49 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a lui gagné 2,75% à 77,29 dollars.
Suivant cette dynamique, les taux obligataires se sont tendus. Vers 20H50 GMT, le rendement des emprunts de l'Etat américain à échéance dix ans se situait à 4,67% contre 4,61% à la clôture la veille.
Le "bund" allemand, référence en Europe, évoluait lui autour de 3,15%, en hausse par rapport à mercredi, et son équivalent français franchissait la barre des 3,90%.
Du côté des marchés actions, le Dow Jones a perdu 0,85% à Wall Street, l'indice Nasdaq a cédé 0,06% et l'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,18%.
Les Bourses de Paris (+0,35%) et Milan (+0,44%) ont toutes deux inscrit de nouveaux records en clôture, et Francfort a grappillé 0,05%. La place britannique a, en revanche, reculé de 0,19%.
- Deutsche Telekom brille -
Au tableau des valeurs, du côté de Deutsche Telekom (+6,31% à Francfort), "les impulsions positives, sous la forme du programme de rachat d'actions prévu, ont prédominé", note Andreas Lipkow de CMC Markets.
Le géant des télécommunications a enregistré de bonnes performances au deuxième trimestre, grâce aux résultats de sa filiale américaine T-Mobile US, et a annoncé relever de 3 à 5 milliards d'euros son programme de rachat d'actions cette année, invoquant la faiblesse récente de son titre en Bourse.
- Apollo confirme son rachat d'EasyJet -
Le fonds américain Apollo a confirmé jeudi son offre de rachat à 5,7 milliards de livres (6,7 milliards d'euros) sur EasyJet (+2,79% à Londres), une proposition acceptée par le conseil d'administration de la compagnie aérienne britannique, ont annoncé les deux entreprises dans un communiqué.
Cette annonce intervient peu après l'abandon de l'autre prétendant au rachat de la compagnie: le fonds d'investissement Castlelake, qui avait fait une offre plus faible, s'était retiré de la course un peu plus tôt jeudi.
(K.Jones--TAG)