Le pétrole en forte hausse avec les tensions autour d'Ormuz
Les cours du pétrole sont en forte hausse lundi, l'Iran étant revenu samedi sur sa décision d'ouvrir le détroit d'Ormuz, ravivant les tensions avec les Etats-Unis avant la fin du cessez-le-feu.
Téhéran a affirmé que le maintien du blocus américain des ports iraniens, alors que l'Iran avait annoncé l'ouverture du détroit vendredi, était le motif derrière la reprise du "strict contrôle" d'Ormuz.
Un navire de la CMA CGM a même fait l'objet samedi de "tirs de semonce", a indiqué dimanche à l'AFP le groupe français de transport maritime.
La marine militaire américaine a de son côté ouvert le feu sur un cargo iranien qui tentait de forcer le blocus des ports iraniens par les Etats-Unis et en a pris le contrôle, a affirmé dimanche Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Dimanche, les passages du détroit étaient réduits à zéro, selon le site Marine Traffic.
Résultat, "les flux physiques de pétrole restent limités par des perturbations dans les acheminements, l'allongement des délais de transport et la hausse des coûts de fret et d'assurance", affirme Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB.
Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, prenait 5,24% à 95,12 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, gagnait 5,82% à 88,73 dollars.
Malgré un rebond important des cours par rapport à vendredi, ce niveau de prix laisse supposer que "le marché continue de manifester une forte conviction qu'une solution sera trouvée" entre les Etats-Unis et l'Iran, estime Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Pourtant, l'incertitude plane lundi sur la tenue de nouvelles négociations au Pakistan entre Téhéran et Washington, à moins de deux jours de l'expiration du cessez-le-feu.
Pour le moment, "nous n'avons pas de projet pour le prochain cycle de négociations et aucune décision n'a été arrêtée à ce sujet", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, mettant en doute le "sérieux" des Etats-Unis dans le processus diplomatique.
Sans accord entre Washington et Téhéran, les prix devraient remonter fortement car "chaque jour où le détroit d'Ormuz reste fermé nous rapproche d'un moment potentiellement très douloureux de pénuries", explique M. Schieldrop.
(J.Torres--TAG)