VivaTech: intelligence artificielle et souveraineté technologique au menu
Le salon VivaTech ouvre ses portes mercredi à Paris pour une dixième édition, toujours centrée sur l'intelligence artificielle (IA) et ses applications, avec la question des dépendances technologiques de l'Europe en toile de fond.
Plus important événement européen du secteur, régulièrement fréquenté par les grands noms de la tech, il doit notamment accueillir pour sa première journée le milliardaire américain Jeff Bezos, fondateur d'Amazon et de l'entreprise spatiale Blue Origin.
D'autres figures du secteur sont également attendues jusqu'à samedi dans les allées du Parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris, où quelque 15.000 start-up exposeront leurs produits et services, comme celle du chercheur français spécialisé en IA Yann LeCun, qui a lancé en début d'année une nouvelle société.
Les discussions devraient beaucoup tourner autour de la souveraineté technologique et des dépendances numériques de l'Europe, l'un des thèmes du salon cette année.
Le sujet, récemment alimenté par la suspension des deux modèles d'IA les plus puissants du poids lourd Anthropic, Fable 5 et Mythos 5, a déjà été évoqué mardi par le Premier ministre français, Sébastien Lecornu.
Ce dernier, qui a souligné la volonté du gouvernement français de poursuivre sa "stratégie de souveraineté technologique", a annoncé que le programme France 2030 consacrerait 655 millions d'euros supplémentaires au développement de l'IA.
Dans un souci d'indépendance vis-à-vis des technologies américaines, il a également révélé que la DGSI (renseignement intérieur français) devrait abandonner les services de l'entreprise américaine Palantir pour se tourner vers sa concurrente française ChapsVision.
- La souveraineté comme mot d'ordre -
Le salon, dont l'Allemagne est cette année le pays invité avec une délégation de 200 start-up, entend faire de cette présence le symbole d'une coopération européenne renforcée.
"A une époque de fragmentation mondiale et technologique croissante, ce coup de projecteur souligne l'ambition de l'Europe (...) d'affirmer sa souveraineté et de prendre la tête de l'innovation", ont souligné les organisateurs.
Le sujet devrait être aussi incarné mercredi par l'intervention du directeur général du géant néerlandais ASML, Christophe Fouquet. Son groupe, qui produit et vend des machines de pointe pour la fabrication de puces électroniques, occupe une place cruciale dans la chaîne de valeur mondiale et est récemment devenu la plus importante valorisation boursière en Europe.
Côté politique, le président français Emmanuel Macron est annoncé jeudi, en compagnie du Premier ministre indien Narendra Modi.
Fourmilière où se croisent fondateurs, investisseurs, représentants sectoriels et délégations, l'événement devrait apporter comme chaque année son lot d'annonces de la part des entreprises et des administrations présentes.
"Il devrait y avoir des annonces de partenariats, peut-être des levées de fonds, c'est assez classique", a anticipé auprès de l'AFP Jean-Christophe Liaubet, associé au sein du cabinet EY.
Pour célébrer cette dixième édition, VivaTech a par ailleurs décidé de pousser les murs: le salon passe de 50.000 à 70.000 mètres carrés et espère dépasser l'affluence record de l'édition précédente, qui avait attiré 180.000 visiteurs.
Après un parcours d'exposition organisé dimanche sur les Champs-Elysées, une première depuis la création du salon, VivaTech programme mercredi plusieurs démonstrations de robots sur l'une de ses scènes.
Les robots humanoïdes des entreprises chinoises Unitree et Agibot promettent d'émerveiller les spectateurs avec des prouesses en matière de déplacement, tandis que les start-up européennes de robotique comme Genesis, Botiful ou Pal Robotics présenteront elles aussi leurs dernières nouveautés.
(A.Moore--TAG)