Washington rapatrie ses bombardiers déployés dans une base anglaise
Les États-Unis ont retiré leurs bombardiers stratégiques B-1 de la base aérienne britannique de Fairford à la suite, selon des médias américains, de nouvelles menaces visant ce site militaire qui est au coeur d'une enquête antiterroriste aux multiples zones d'ombre.
Londres a mis en avant des "indications claires" d'un rôle de l'Iran dans ce dossier, ce qu'a nié Téhéran. Washington a évoqué l'implication d'un "acteur étranger".
"Tous les bombardiers américains qui avaient été déployés sur la base de (...) Fairford ont été redéployés vers leurs bases d'origine aux États-Unis", a indiqué dimanche le ministère américain de la Défense dans un communiqué dépourvu de détails.
L'armée américaine avait notamment déployé sur cette base des bombardiers stratégiques supersoniques B-1 Lancer, au très long rayon d'action.
Selon le New York Times et CNN, qui citent des responsables américains sous couvert de l'anonymat, le rapatriement de la douzaine d'appareils encore sur place jusqu'à ce week-end a été précipité par de nouvelles menaces jugées alarmantes.
Leur nature n'a pas été explicitée mais un responsable cité par CNN a évoqué un "événement réel".
Un autre a déclaré au New York Times que des "détails précis" avaient suscité "un sentiment d'urgence", au point selon le journal que certains avions ont décollé sans attendre le déploiement des appareils devant les ravitailler en vol.
Le 27 septembre, la police était intervenue près de la base de Fairford, dans le sud-ouest de l'Angleterre, après le signalement de "trois véhicules suspects".
Un vaste périmètre avait été bouclé et des dizaines de foyers évacués autour de l'aérodrome. Celui-ci est utilisée par l'armée américaine pour des "opérations défensives", d'après Londres, dans la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran.
- Six arrestations -
Au total, six hommes de 23 à 25 ans ont été arrêtés en lien avec l'affaire: cinq Britanniques sur place, puis un ressortissant irano-britannique quelques jours après. Ils sont soupçonnés de "préparation d'un acte terroriste".
Tous ont été relâchés depuis sous contrôle judiciaire. "Je n'aurais pas fait ça", avait réagi le président américain Donald Trump après la libération sous caution des cinq Britanniques.
Cette affaire fait l'objet d'une enquête "immensément complexe" qui suit "tous les angles possibles, y compris celui du rôle d'un État étranger", d'après la coordinatrice de la lutte antiterroriste britannique, Vicki Evans.
Mercredi, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a affirmé à la BBC qu'il existait "des indications claires selon lesquelles l'Iran aurait joué un rôle" dans cet incident.
En juillet, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, avaient averti que toute base utilisée pour lancer des attaques contre la République islamique constituerait une "cible légitime", selon le quotidien Telegraph.
Mais Téhéran a nié "catégoriquement" toute implication, et pour le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, les autorités de Londres font "fausse route".
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré mercredi que son pays avait prévenu le Royaume-Uni que l'Iran planifiait une attaque contre une base britannique.
De son côté, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a lui aussi évoqué le rôle d'"un acteur étranger".
Depuis l'annonce en mars de l'utilisation du site de Fairford dans le cadre de la guerre contre l'Iran, des bombardiers et d'autres appareils américains y ont été vus en train de décoller et d'atterrir.
Cette base sert depuis la guerre froide de point d'appui à l'armée de l'air américaine. Elle a déjà été utilisée par Washington pour des opérations lors de la guerre du Golfe au début des années 1990 et de la guerre en Irak de 2003.
(J.Torres--TAG)