Au moins 9 morts dans des attaques russes en Ukraine, un joyau orthodoxe en feu
Au moins neuf personnes ont été tuées lundi en Ukraine dans une série d'attaques russes, dont une, massive, contre la capitale Kiev où une cathédrale orthodoxe célèbre a pris feu.
Du côté russe, une attaque de drones ukrainiens contre Toula, au sud de Moscou, a fait au moins trois morts, selon les autorités locales.
Ces frappes interviennent alors qu'une voie vers la paix s'est tout juste ouverte au Moyen-Orient après l'annonce d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à leur guerre. Celle entre la Russie et l'Ukraine, en cours depuis février 2022, ne faiblit pas et les pourparlers pour y mettre fin patinent depuis des mois.
A Kiev, des bombardements russes ont touché pratiquement tous les quartiers de la ville et fait au moins quatre morts et plus d'une vingtaine de blessés, selon les autorités.
Des journalistes de l'AFP ont vu des habitants couraient dans les rues pour se mettre à l'abri, au moment où une lumière aveuglante illuminait le ciel rougi par les incendies.
Le maire de la ville, Vitali Klitschko, a rapporté un incendie, après une attaque russe, au niveau du toit de la cathédrale de la Dormition, l'une des églises que compte le célèbre complexe orthodoxe de la Laure des grottes de Kiev inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Le métropolite Epiphane de Kiev, primat de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine, a dénoncé un "crime contre l'humanité, l'Histoire, la chrétienté".
Une façade de la cathédrale est éventrée, son toit partiellement détruit, et plus d'une dizaine de camions de pompiers ont été déployés sur les lieux, a constaté un photographe de l'AFP.
En janvier, des attaques russes avaient endommagé plusieurs bâtiments du complexe, avait alors rapporté le ministère de la Culture.
La Laure des Grottes, monastère aux dômes dorés emblématiques, avait fait la Une ces dernières années après l'expulsion de ses moines, accusés de liens avec Moscou.
L'Eglise orthodoxe ukrainienne s'est officiellement séparée du patriarcat de Moscou en 2022. Et en août 2024, le gouvernement ukrainien est allé jusqu'à interdire en Ukraine la branche de l'Eglise orthodoxe liée à Moscou. L'invasion de l'Ukraine avait été sanctifiée par le chef de l'Église orthodoxe russe, le patriarche Cyrille, un fidèle allié du président Vladimir Poutine.
- Cinq morts à Kharkiv -
La grande ville de Kharkiv, dans le nord-est, a elle aussi subi des attaques de missiles. "Cinq secouristes des services d'urgence de l'Etat ont été tués en raison de frappes russes répétées alors qu'ils combattaient des incendies. Au moins cinq autres sont blessés", a écrit sur Telegram le ministre de l'Intérieur Igor Klymenko.
Le chef de l'administration militaire de la région de Dnipropetrovsk (est), Oleksandr Ganzha, a annoncé que la ville de Dnipro était elle également visée, avec un blessé.
Des blessés ont également été recensés à Soumy (nord-est), selon les autorités.
Du côté russe, au moins trois personnes ont été tuées dans une attaque de drones contre l'agglomération de Toula, à environ 200 km au sud de Moscou, a annoncé le gouverneur régional Dmitri Milaïev sur Telegram. Trois autres personnes, "dont un enfant d'un an", ont été blessées, a-t-il ajouté.
- Zelensky et Poutine appellent Trump -
Dimanche, Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine avaient tous deux appelé leur homologue américain Donald Trump au jour de son 80e anniversaire.
M. Zelensky a précisé sur X avoir "discuté des mesures susceptibles de contribuer à instaurer la paix dès maintenant". Le Kremlin, de son côté, a expliqué que la conversation entre MM. Poutine et Trump avait "principalement" porté sur les négociations de paix avec l'Iran.
S'agissant de la guerre en Ukraine, aucun cessez-le-feu durable n'a jamais pu être conclu en plus de quatre ans de combats. La Russie bombarde quotidiennement son voisin, tandis que Kiev multiplie les frappes contre les infrastructures énergétiques russes notamment.
Le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov a toutefois dit à la presse qu'il avait été "convenu" que les émissaires du président américain, Steve Witkoff et Jared Kushner, "reviendraienr bientôt en Russie".
Volodymyr Zelensky s'est lui-même entretenu le 8 juin avec MM. Witkoff et Kushner, soulignant l'importance de "redonner un élan à la diplomatie".
(T.Wright--TAG)